Les règlementations européennes des implants mammaires, des parfums et cosmétiques sont gérées par la même Direction Générale à la Commission Européenne "Cosmetics and Medical Devices".
Des scientifiques s'interrogent sur la responsabilité de l'AFSSAPS dans
l'affaire des prothèses mammaires PIP.
La Perfume Foundation insiste encore sur l'importance des tests. Ceux-ci doivent être financés par les authorités et non par l'industrie. Ils doivent être réalisés en faveur du consommateur, pas en faveur de l'industrie.
La Perfume Foundation exige des tests d'innocuité de produits de consommation réalisés par des laboratoires et des institutions indépendantes de l'industrie. Il est également probable que les implants mammaires (autres que PIP) soient également cancérigènes.
C'est l'ensemble des produits synthétiques qu'il faut tester.
Le nombre de molécules synthétiques créées depuis l'essor de l'industrie chimique n'a jamais fait l'objet de tests sur l'être humain mais toujours sur des animaux. Ces molécules sont associées dans des cocktails qui ne sont jamais testés dans leur globalité. On parle toujours de tests de molécules isolées et pourtant ce sont des notions de base de chimie; les molécules réagissent différemment en cocktail.
La Perfume Foundation soutient Antidote Europe, une association créée
par des chercheurs issus du CNRS et dont l'objectif est l'application
des progrès scientifiques au bénéfice de la santé humaine, vient
d'interroger le directeur de l'AFSSAPS à propos du rôle de l'Agence
dans le scandale des prothèses mammaires PIP.
L'Agence s'est déjà penchée à deux reprises sur la toxicité de ces
implants et a déclaré qu'il n'y avait « aucun risque génotoxique »
(une atteinte du matériel génétique pouvant entraîner des cancers). Or,
on apprend que deux femmes porteuses de ces implants sont mortes, de
cancer précisément. En France des dizaines d'autres femmes porteuses de
ces implants ont développé des cancers du sein, elles seraient des
milliers à travers le monde.
L'évaluation par l'AFSSAPS du risque génotoxique des implants n'était
donc pas pertinente. Ceci n'est pas étonnant. L'Agence s'est en effet
« assurée » (?) de la non-génotoxicité des implants... chez la souris!
Claude Reiss, président d'Antidote Europe et ancien directeur de
recherche au CNRS, se demande si les « experts de haut niveau »
revendiqués par l'AFSSAPS avaient remarqué que les femmes n'étaient
pas des rongeurs de 60 kg, et que, de surcroît, ces tests sont imprécis
pour plusieurs raisons. Par exemple, parce que les cassures double brin
de l'ADN qu'ils révèlent ne sont qu'un des très nombreux facteurs
responsables d'un cancer. Ou encore, parce que ces cassures se
produisent et éventuellement se maintiennent selon des mécanismes
spécifiques d'une espèce animale et peuvent donc être très différents
entre souris et humains. Les tests de génotoxicité sur rongeurs sur
lesquels se fondent les décisions de l'AFSSAPS sont, pour les humains,
au mieux sans intérêt, au pire gravement dommageables car ils peuvent
masquer la toxicité réelle d'une substance chimique.
Pour accomplir efficacement sa mission de prévention, l'AFSSAPS devrait
adopter sans tarder des méthodes scientifiques d'évaluation des
risques, notamment par génomique sur des cellules humaines en culture.
Ces méthodes sont opérationnelles, plus rapides et moins chères que les
tests de toxicité sur animaux et recommandées notamment par le rapport
de l’Académie des sciences des Etats-Unis publié en 2007 : « Toxicity
Testing in the 21st Century: A Vision and a Strategy ». Les tests de
toxicologie sur animaux ont été qualifiés de « tout simplement de la
mauvaise science » par un éminent toxicologue européen. Jusqu'à quand
les autorités continueront-elles à jouer notre santé à la roulette
russe?